Une parabole du Parinirvâna Sutra compare l'homme ordinaire à ce brave qui, croyant avoir perdu la perle de son front,
la cherche dans toutes les directions sans jamais la trouver jusqu'à ce qu'un sage lui tende un miroir grâce auquel il
prend conscience qu'elle est là, entre ses sourcils où elle a toujours été, recouverte par une fine couche de peau.
La perle symbolise notre nature de bouddha. L'endroit où elle se trouve - entre les deux sourcils - représente l'au-delà
de l'esprit dualiste : l'esprit de bouddha marie tous les contraires et ne laisse rien en dehors de lui-même. « Elle a
toujours été là », précise le Sutra puisque ce véritable esprit transcende l'apparaître et le disparaître. La fine couche
de peau qui la recouvre, ce sont les attachements nous en voilant la réalité et l'omniprésence. Cet emplacement entre les
deux sourcils est traditionnellement décrit comme celui du « troisième oeil », en l'occurrence l'oeil de bouddha qui nous
permet de voir ce qui est tel que c'est, de cesser de donner un caractère substantiel à des phénomènes - intérieurs ou
extérieurs - qui n'en ont pas. Le miroir tendu par le sage est précisément la pratique de la Voie grâce à laquelle s'ouvre
l'oeil de la connaissance de notre véritable nature.
« Cette perle, l'homme ordinaire la cherche dans toutes les directions », dit encore le Sutra : à chercher la vraie paix et
le véritable bonheur dans les objets du monde extérieur, l'homme s'épuise en vain. Cette paix ineffable et ce bonheur
inaltérable, même l'homme le plus puissant ne peut les conquérir par son pouvoir ni l'homme le plus riche les acquérir par
sa fortune. C'est en tournant son regard vers l'intérieur et en mettant nos pieds dans les traces laissées par les maîtres
que nous pouvons les réaliser.
Gérard Chinrei Pilet (Avril 2010)
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