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 S’ouvrir à la vulnérabilité de notre vie

Quatre images dominent la vie de Shakyamuni : celles d'un malade, d'un vieillard, d'un cadavre et enfin d'un moine. Au spectacle du malade, du vieillard et du cadavre, le sentiment de l’impermanence jaillit soudain en lui et à celui du moine l'esprit d'éveil.

Ces quatre images sont pour nous un enseignement précieux car elles sont le résumé de notre condition humaine : l'homme sait que la maladie peut l’atteindre à tout moment et sait que son corps est voué au déclin et à la mort. C'est ce qu'on pourrait appeler la vulnérabilité fondamentale de l'existence humaine.

La plupart des hommes mettent en place de multiples stratégies pour ne pas voir cette vulnérabilité fondamentale et ne pas y penser. C'est bien dommage car c'est en s'ouvrant à elle que l'esprit d'éveil se manifeste et que l'envie de pratiquer se fait plus ardente du fait qu’on réalise alors qu'on ne peut s'accrocher à rien. Ce sentiment de ne pouvoir se raccrocher à rien est à la source de l’esprit de non-attachement, lequel est à la source de bodaishin, l'esprit d'éveil.

Si, à tel ou tel moment de votre vie, vous sentez que votre ardeur à pratiquer fléchit, reprenez la méditation sur l'impermanence, reprenez contact avec la vulnérabilité fondamentale de votre vie. Si vous le faites vraiment, immanquablement l'ardeur à pratiquer reviendra.


Gérard Chinrei Pilet (Mars 2010)
 
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