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 Dôkan

Kan : l’anneau, le cercle.
: la Voie.
Dôkan signifie donc l’anneau de la Voie.

Cette expression met d’abord l’accent sur la nécessité de répéter la pratique et de l’installer de façon régulière dans notre vie, quelles que soient les conditions ou circonstances entourant celle-ci. Par exemple, si on est à l’étranger sans dojo à proximité, dôkan, c’est continuer malgré tout la pratique, la transporter partout avec soi où qu’on aille. Maître Deshimaru incarne à merveille cet état d’esprit propre à dôkan lorsque, mobilisé durant le dernier conflit mondial, il pratiquait zazen sur un bateau de guerre ou lorsque, à ses débuts en Europe, il faisait zazen dans l’arrière-boutique d’un magasin. Grâce à dôkan, ce ne sont pas les circonstances qui décident de notre pratique ; chaque jour un temps est réservé pour la pratique, ne serait-ce qu’une demi-heure. Beaucoup de gens disent : « je n’ai pas le temps ». Dôkan, c’est précisément ne pas laisser le temps dévorer notre pratique, à l’image de Chronos, le dieu du temps chez les Grecs, qui dévore tous ses enfants.

Dôkan a aussi un autre sens. À l’intérieur du cercle figurant dôkan, est parfois représentée la posture de zazen. Cela signifie qu’on pratique zazen au sein même de l’éveil, que pratique et réalisation ne sont ni séparées ni séparables. Maître Deshimaru exprimait cela en disant : « Zazen itself is satori », zazen lui-même est satori. Autrement dit, zazen n’est pas un moyen pour atteindre une fin plus ou moins lointaine, il est actualisation de l’éveil originel ici et maintenant.

Tous mes vœux de bonheur à tous. Que l’anneau de l’année 2010 soit aussi pour vous l’anneau de la Voie.


Gérard Chinrei Pilet (Janvier 2010)
 
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