Un ou plusieurs maîtres ?
La question est parfois posée en mondo : peut-on avoir plusieurs maîtres ? La réponse est simple : on ne peut suivre simultanément
plusieurs maîtres. C’est en effet le meilleur moyen de n’en suivre aucun : quand les dires ou demandes de l’un nous conviendraient,
on irait vers lui ; dans le cas contraire on irait vers l’autre, fuyant ainsi toute forme d’engagement réel dans la relation
maître/disciple et donnant à l’ego partie facile pour rester maître du jeu.
Cela étant dit, suivre un seul maître ne signifie pas pour autant rester sourd et aveugle aux divers enseignements que la vie nous
propose. Du temps du Bouddha, le mot « upaguru » désignait ainsi tous les événements et circonstances de notre vie susceptibles
d’être « des auxiliaires du maître ». En effet, quand on est réellement engagé sur la Voie, qu’on s’y implique avec détermination,
les circonstances et événements de notre vie prolongent et complètent l’enseignement du maître, pourvu que nous soyons ouverts et
réceptifs : pour un tel, ce sera à l’occasion d’une épreuve, pour tel autre au « hasard » d’une rencontre, pour un troisième à
travers l’exercice de telle ou telle responsabilité, etc … D’autre part, ce n’est pas non plus parce qu’on suit un seul maître
qu’on doit se fermer à tel ou tel aspect de l’enseignement d’un autre maître par lequel ou aura été touché. Si l’engagement que
l’on a vis-à-vis de notre propre maître et de la Voie est clair et sans ambiguïté, tout cela se fera sans conflit ni difficulté.
Un dernier point : s’il advient que le maître meure avant le disciple, celui-ci aura alors à choisir entre continuer le chemin par
lui-même sous l’impulsion de ce qui a été transmis ou s’ouvrir à une nouvelle relation maître/disciple.
Gérard PILET
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