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 La relation maître/disciple

Obéissance et liberté

Le mot obéissance n’a souvent pas bonne presse : il connote la soumission contrainte à une autorité extérieure plus ou moins mal acceptée et l’obligation d’obtempérer à des ordres sous la menace d’une punition (pour l’enfant) ou d’une sanction (pour l’adulte). Au mot d’obéissance est souvent associé celui de chef, voire de "petit chef" attaché à l’autorité que lui confère une position hiérarchique et décidé d’en user le plus possible, voire d’en abuser.

Ce n’est pas dans un tel contexte que s’inscrit l’obéissance du disciple au maître. En effet, c’est une obéissance choisie par le disciple lui-même sur la base d’une foi dans le bénéfice spirituel qu’il pourra en retirer : abandon d’une volonté égotique, occasion d’un lâcher-prise avec certains conditionnements, aide pour sortir d’un fonctionnement basé sur le schéma attraction/répulsion ...

Il va de soi qu’un tel type d’obéissance s’appuie sur une confiance du disciple à l’égard de son maître, confiance acquise soudainement ou au fil du temps. Ce dernier cas est plus fréquent et c’est bien normal. Il n’est pas choquant qu’un jeune disciple ait besoin de tester son maître avant de pourvoir s’engager avec lui dans une relation de confiance.

La liberté, loin d’être opposée à un tel type d’obéissance, en est le soubassement et le but final : c’est en toute liberté que le disciple choisit l’obéissance à son maître pour ce qui touche à la Voie et à sa pratique et c’est afin d’être aidé à réaliser cette grande liberté intérieure que le Bouddha appelait Délivrance. Qu’il soit bien clair en effet que l’intention de celui qui accepte de guider autrui ne doive être que celle d’aider le disciple à se libérer de l’illusion du moi et non celle, consciente ou inconsciente, de retirer une quelconque bénéfice personnel de sa fonction. Quand un jeune disciple teste le maître, c’est avant tout la pureté de son intention et sa maturité spirituelle qui doivent être testées.

Revenant à l’image du médecin souvent prise par le Bouddha pour illustrer le rôle du maître, on peut dire qu’une fois assuré que le médecin est compétent et que sa seule intention est de le soigner, le patient obéira en toute confiance aux prescriptions de celui-ci.

Gérard PILET


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