Quelques éclairages (suite)
La relation maître/disciple ne peut s’établir que sur la base d’un engagement libre et personnel du disciple. Si le choix du
disciple repose sur la pression subtile d’un groupe de pratiquants ou sur la peur d’afficher un choix différent de celui
d’une majorité donnée, la confiance indispensable à l’épanouissement de la relation maître/disciple aura les plus grandes
difficultés à se mettre en place.
Une fois effectué ce choix authentiquement libre, la relation maître/disciple deviendra de plus en plus vivante et réelle au
fur et à mesure de la mise en pratique par le disciple de l’enseignement de son maître. Cette mise en pratique concerne à la
fois l’enseignement reçu dans le dojo et les conseils prodigués lors de mondos ou d’entretiens individuels. Ceux-ci sont
l’occasion pour le maître de conseiller le disciple quant à la mise en pratique de l’enseignement dans les situations
particulières de la vie du disciple et dans les difficultés spécifiques qu’il peut rencontrer et qui peuvent tenir à sa
personnalité, son karma, son passé, son enfance... Ces situations particulières et ces difficultés spécifiques sont pour le disciple
autant d’opportunités d’actualiser l’enseignement reçu et de l’incarner plus intimement dans son existence. Elles sont aussi pour
lui l’opportunité d’approfondir la confiance envers son maître à partir du constat que les conseils reçus l’ont aidé et que
l’enseignement dispensé devient pour lui de plus en plus vivant.
Il est dit dans les enseignements de notre école qu’il ne faut pas se cacher devant son maître. Cette parole s’applique à
différents niveaux mais être à la hauteur de cette exigence demande le plus souvent du temps : il y a les disciples qui n’en font
qu’à leur tête ; ceux qui ne prennent de l’enseignement que ce qui convient à leur ego ; ceux qui demandent l’avis de leur maître
sur des sujets précis les concernant intimement mais, si leur maître les interroge pour avoir certains éclaircissements afin d’être
en mesure de mieux les aider, bafouillent, rougissent ou ne disent pas la vérité ou la disent à moitié ... Beaucoup de cas sont possibles.
Il ne faut pas s’affliger de ce décalage entre l’exigence et la réalité mais simplement la voir et ne pas oublier que la relation
maître/disciple s’approfondit au fur et à mesure que la Voie s’approfondit pour chacun.
Gérard PILET
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