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 La relation maître/disciple

Quelques éclairages

La relation maître/disciple, lorsqu’elle est basée sur la confiance, offre au disciple l’espace pour se libérer d’une représentation limitée de lui-même inculquée par les parents, la culture, la société et le karma propre à chacun.

Du point de vue ultime, notre potentiel le plus élevé n’est rien d’autre que notre véritable nature, ce que dans le zen on appelle « nature de bouddha ». Devenir disciple, c’est comprendre et accepter la nécessité d’un tiers – en l’occurrence le maître – pour actualiser cet immense potentiel. Si nous oublions notre vocation ultime à réaliser bouddha, le maître est là pour nous rappeler, par son enseignement, par le fait qu’il est à l’affût d’ouvertures possibles de l’esprit du disciple à ce qui dépasse la sphère de l’ego, par sa simple présence qui peut être pour le disciple un rappel vivant de l’essentiel.

De ce point de vue, on peut dire que s’engager dans une relation maître/disciple implique pour le disciple d’accepter volontairement que davantage d’opportunités d’approfondir sa pratique soient ainsi créées pour lui, y compris les opportunités susceptibles de bousculer le confort de l’ego.

Ces opportunités peuvent aussi concerner des domaines de développement en apparence pas directement reliés à la Voie, mais qui néanmoins favorisent chez le disciple l’approfondissement de celle-ci et le service aux autres. Pour certains, il s’agira de travailler à la cuisine, pour d’autres à la construction d’un bâtiment, pour d’autres d’écrire, etc. Tel disciple, qui ne se serait jamais cru capable d’accomplir telle ou telle tâche suite à une représentation négative ou limitée de lui-même, se découvre un potentiel dont il n’avait jamais soupçonné l’existence grâce à la relation confiante à son maître.

Dans le Bouddhisme, la nature de bouddha présente en chacun est souvent comparée à une graine. Dans cette perspective, on peut comparer le maître jardinier qui, conscient de l’immense richesse contenue dans la graine, veille par ses soins à son développement.

Gérard PILET


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