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Goûter au festin royal
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Chacun des poèmes du Shodoka délivre un profond enseignement. En voici un qui rappelle quel est le véritable festin auquel
nous sommes conviés et en quoi consiste l’ultime guérison :
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Ils ont faim, mais ne mangent pas le festin royal qui leur est offert,
Malades, ils consultent le roi des médecins, mais ne se soignent pas.
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Tout homme a faim du vrai bonheur et aussi longtemps que cette faim n’est pas rassasiée se produit une insatisfaction chronique,
une sorte d’incomplétude existentielle que le Bouddha nommait "Dukkha".
Toute la question est de savoir ce qui peut nous rassasier. Beaucoup croient que se saisir des objets du monde extérieur va les
combler. Mais si la saisie de ces objets satisfait pour un temps, l’insatisfaction repart de plus belle et apparaît un nouveau
désir lié au monde extérieur et le phénomène se reproduit. On fonctionne ainsi jusqu’au dernier soupir et finalement on a connu
des petits bonheurs partiels sur un fond d’insatisfaction chronique. Si on a le courage de voir la vérité en face, on doit
reconnaître que la grande majorité des hommes fonctionne dans ce schéma et peut-être nous-mêmes aussi.
Alors, quel est ce festin royal qui rassasie une fois pour toutes ? C’est le festin de la nature de bouddha. Le festin royal est
offert à chacun, dit Yoka, car tout homme a la nature de bouddha ou, plus exactement, "est" la nature de bouddha.
se sent enfin complet. L’incomplétude chronique disparaît, on se sent rassasié. Seule cette conscience d’être le tout rassasie
vraiment l’homme. Bouddha a nommé cette conscience et la félicité qui l’accompagne : nirvana. C’est l’extinction de l’illusion
d’un moi séparé et le festin royal qui rassasie vraiment et pour toujours.
Quant au "roi des médecins", c’est Bouddha. Les remèdes, c’est le Dharma. Mais même le roi des médecins ne peut guérir celui
qui ne prend pas les médicaments prescrits par lui. En d’autres termes, pour guérir de la maladie de Dukkha, il faut pratiquer
la Voie. Si la potion peut sembler amère au début, elle prend très vite la saveur inépuisable du "festin royal".
Bonne pratique à tous,
Gérard.
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